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Lui-même:
" Il faut dire sur scène des
choses vrai; faut pas dire de bêtises sur scène pour faire rire. C'est
un paradoxe".
Son
fils
" Le regret de mon grand-père
vis-à-vis de son fils a été de le voir faire l'artiste et de ne pas rentrer
comme lui dans les usines michelin".
" Mon père m'a raconté que de
temps en temps, Jean Nohain avait tendance - pris dans l'ambiance à l'oublier -
alors il rentrait directement sans lui demander son avis ".
" Il n'hésitait pas souvent
quant on étais en vacance ou en tournée à s'arrêter dans des tout petits
bui-bui et à essayer d'engager la conversation. Des fois avec ma mère on
étaient pas trop content parce que c'était pas toujours très propre... mais
enfin il fallait bien bêcher la culture, les gens qui étaient autour; leur
sortir ce qu'ils avaient en eux. Tout ça pour un jour: Tonton pourquoi tu
tousses, ça eut payé, vous pourriez pas me passer le 22 à Asnières... des
phrases qui frappaient l'imagination; qui restaient en lui".
" Mon père; je crois
pouvoir dire qu'il a inventé le récital; c'est à dire le one-man-show du
comique qui fait la première partie jusqu'à la deuxième partie".
Jean
Nohain
première rencontre entre Fernand
Raynaud et Jean Nohain:
" J'arrive à l'entracte, je dit
monsieur je ne vous connais pas mais vraiment ce que vous faites me plaît
énormément et j'ai bien envie de vous prendre à la radio ou dans ma troupe
mais je vous suggère ceci. Comme ce que vous faites rappelle un petit peu
les dessins des premiers films vous devriez mettre un peu de musique comme un
piano désaccordé ....
et Fernand, ce sont les premiers mots
qu'il m'a dit à moi qui en ce moment là était assez reconnus à la radio;
enfin je pouvais rendre service aux artistes... il me regarde et il m'a
dit: 'monsieur vous n'y connaissez rien'. ce sont les premiers mots qu'il
m'a dit. et j'étais tellement emballé de voir un artiste qui au lieu de se
mettre à plat ventre comme tous les débutant "oh monsieur Nohain comme vous
avez raison, mais certainement, mais je vais le faire tout de suite' non;
monsieur vous n'y connaissez rien".
Anne
Roumanoff
" Fernand Raynaud était le
reflet de la France des années 60".
" Ce que je trouve de moderne
chez lui c'est se regard des personnages entre eux; ça c'est pas du tout
démodé".
" Il est aussi très présent
dans la vie par une certaine mentalité française de base. Ce qu'on
pourrait appeler l'âme du français moyen. des années soixante bien
sûr. en bref une espèce de quintessence du français moyen".
" Il fait des personnages naïf,
mais c'est pas des vrais naïfs; ils ont à la fois naïf et très
intelligent. Et moi je dis toujours qu'il faut être très intelligent
pour bien jouer les naïfs, un imbécile. Parce que si on fait juste un
imbécile bête; c'est pas drôle. Par contre si on fait avec intelligence
un imbécile ou quelqu'un qui est décalé ou qui à un regard naïf sur
les choses; je trouve que ça devient beaucoup plus intéressant. Et chez
Fernand Raynaud il y a cette double dimension: il y a à la fois une espèce de
naïveté sur les choses et en même temps une grande intelligence des rapports
humains de la nature humaine".
" Il est un peu à la charnière
du raconteur de blagues. Et de ces blagues là il a fait un peu ce qu'on
pourrait dire l'origine du stand up; c'est à dire de parler directement au
public et puis du sketch tel qu'il se pratique actuellement avec des
personnages. Donc il a finalement retravaillait les blagues en partant
souvent de base de blagues pour en faire de vrai sketches avec des personnages
interprétés, sentis".
Didier Bénureau
" Fernand lui aussi
s’inspirait beaucoup de la bêtise de certains de nos comportements. Il savait
très bien parler des gens aux gens. Ses textes étaient souvent brillants de
par leur simplicité et leur efficacité. Et puis c’était un formidable
acteur !"
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