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Cette
interview 100 % exclusive est réalisée par Jonathan
Godts le 08 Mars 2003 au théâtre de la Michodière
Jonathan Godts: Quel est ou quels sont les humoristes que vous
appréciez le plus que ce soit dans la vie (caractère/humanisme) ou sur
scène au niveau du talent ?
Guy
Montagné: Ohlala il y en a beaucoup. Je dirais Devos que j'ai déjà
croisé plusieurs fois. Il faut dire que depuis tout jeune j'adore ce
que fait Devos. J'ai découvert l'homme et il est passionnant.
C'est-à-dire qu'il est extraordinaire car il est d'une simplicité. Je
ne pensais pas que ce serait aussi simple d'aborder Devos. Il est
tellement génial. Et c'est là que l'on s'aperçoit que les grands et
les grandes sont des gens très simples finalement.
Bon sinon
pour les autres, c'est vrai que quand je mets la radio ou une
cassette, il y en a qui me font pisser de rire. Il y avait Dupontel
que je regrette malheureusement. Mais bon il avait envie de faire
autre chose et je le comprends très bien. J'adore les vamps. Jamel
ne me fait pas rire mais je trouve que c'est un comédien exceptionnel,
mais exceptionnel. Et je souhaite qu'il fasse une très grande
carrière de comédien parce qu'il est vraiment fabuleux. Et Michèle
Bernier que j'aime beaucoup. Je l'ai vu avec Francis Huster dans
"Nuits d'ivresses".
JG: Si
on vous donnait l'opportunité de faire un duo avec un humoriste, qui
choisiriez- vous ?
GM: Avec
Michèle Bernier. J'y ai déjà pensé. Ah, je vais lui écrire un rôle
ça c'est clair ! Je ne sais pas si elle acceptera de le jouer mais je
l'adore, elle est fabuleuse.
JG:
Si je vous demande maintenant de vous décrire en seulement trois mots,
quels seraient-ils ?
GM: Oh
non, je ne sais pas. J'ai beaucoup de mal à me définir. Je suis
plutôt réservé. Par exemple j'aime bien regarder les gens. Dans la
vie, je suis de moins en moins extraverti. Je me garde pour la
scène.
Je dirais
un ours. C'est un animal fétiche et j'en suis un … un ours gourmand,
presque boulimique de la vie.
JG: Si
Guy Montagné n'était pas humoriste, que serait-il actuellement ?
GM:
Cuisinier. J'ai eu quelques excellents professeurs: le regretté
Bernard Loiseau bien sûr, Guy Savoy qui est un très grand ami aussi,
Georges Blanc et puis quelques autres par-ci, par-là. C'est vrai que
j'adore faire la cuisine et manger tout ce qui fait la grande cuisine
française et ses produits.
JG:
Quel a été votre meilleur coup de poker dans votre carrière ?
GM: J'en
ai beaucoup. Notamment la production des one man show que j'ai fait.
Mais je crois que mon plus gros coup de poker, c'est l'homme parfait.
Derrière, ça bastonnait. Si vous saviez le nombre de gens qui m'on
dit: "vous faites une connerie".
JG: En
vous retournant sur la carrière que vous avez accomplie, avez-vous
déjà un regret ?
GM: Je ne
regrette jamais rien. Car avec les erreurs on apprend des choses. Si
on ne faisait pas d'erreur on ne saurait pas où est le chemin. Il
faut se cogner à gauche, à droite pour savoir comment aller tout
droit. Il faut des erreurs, c'est très important les échecs.
JG: Je
vous propose maintenant de fermer les yeux et de vous imaginer dans 20
ans. Que voyez vous ?
GM: Je me
vois exactement comme maintenant, peut-être un peu moins de cheveux.
Je me vois bien mourir sur scène ou devant une caméra, ce serait
extraordinaire.
JG: Si
je vous propose de vous poser une question à vous-même et de vous
répondre que me diriez-vous ?
GM:
Généralement dans la vie, je ne me pose pas de questions. En fait, je
suis assez primaire et heureusement parce que parfois il y a des
situations difficiles à vivre où il ne faut pas se poser de
questions. Cependant il faut réfléchir pour ne pas faire de
conneries, mais bon j'essaye de voir où je vais aller. Je répétais
par exemple tout à l'heure ce que disait Louis Jouvet: "un comédien ne
doit pas réfléchir".
JG: Si
vous étiez arrivé comme l'ont espéré Dieudonné ou Coluche à devenir
président de la République qu'auriez vous fait en premier ?
GM: Haha,
quelle horreur ! Mais vous me faites vivre un cauchemar là. C'est un
métier où on n'arrête pas de se trahir soi même. Je suis tout, sauf
un traître. Et puis je vais vous dire que si j'étais président de la
république, ce serait une drôle de merde parce que je foutrais en
l'air tout le système pour que tout le monde soit heureux. Et puis
forcément il y en aurait qui ne serait pas content parce qu'ils
veulent tout pour eux.
JG: Je vous donne à présent l'occasion de vous
défouler un peu. Quel serait votre plus gros coup de
gueule/blues/déception ?
GM: J'en
ai tellement qu'il faudrait que je fasse un bouquin. Je dénoncerais
le trait de caractère des êtres humains. Mais je pense que le
principal défaut de notre époque, c'est l'égoïsme. C'est hallucinant.
Les gens sont seuls et ils veulent passer avant tout le monde. C'est
insupportable et c'est de ça que le monde crève, de l'égocentrisme.
On parle de cocooning. Il m'emmerde ce mot, je me fais des câlins.
Non ! Faites des câlins aux autres et ils vous en feront. J'ai rien
inventé, c'est vieux comme le monde.
JG: Et
la tradition fait que j'achève une interview en vous demandant quelle
serait votre définition de l’humour.
GM: C'est
un instrument qui permet d'arriver à l'orgasme qui s'appelle rire.
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Aubonsketch
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