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Un artiste précurseur
( 1952 1969 1970
1973 1986)
Quelques phrases
Un
artiste précurseur
En
effet, quoi de plus paradoxal pour un imitateur que d'être
imité. Et pourtant, c'est bien ce qui est arrivé à Thierry Le
Luron. Innovateur dans bon nombre de domaines, il possédait outre
le talent d'imitation celui de la chanson et de la comédie. Sa
botte secrète: une pincée d'ironie camouflée derrière un visage
d'ange lui-même plongé dans une grande marmite de talent.
C'est
à Paris, le 02 avril 1952 que Thierry Le Luron voit pour la première
fois le jour. Gamin, il se trouve rapidement une passion pour la
chanson et le cinéma, et devient par conséquent un grand consommateur
de films et de radio dans laquelle, il ne se lasse pas d'écouter ses
idoles tels que Ray Ventura, Dick Rivers et autres
Et
c'est ainsi que très tôt dans sa vie, Thierry Le Luron comprend qu'il
veut participer lui aussi à ce noble métier. Désormais, il en
est convaincu, il fera l'artiste et en profitera pour faire rêver bon
nombre de gens. Et pourtant, les débuts de Thierry sur la scène
semblent bien compromis. Les
parents de Thierry ne s’imaginant pas un fils faire l’artiste, ils
l’obligent à travailler au sein d’une banque, expérience qui ne
lui fut guère passionnante. Il
prendra donc son courage à deux mains et finira par convaincre ses
parents de son indiscutable don.
Ainsi,
pour beaucoup, l'aventure de Thierry Le Luron commence en 1969. Il
apprend qu'un casino organise un concours de chanteurs amateurs près de
chez ses grands-parents. Il s'inscrit et grâce à ses imitations
-de Jhonny Hallyday, Salvatore Adamo et Dalida, ... - remporte le
premier prix qui comprend la chance de pouvoir enregistrer un disque en
Belgique.
Mais
arrivé à Bruxelles, la société d'enregistrement fait comprendre à
Thierry qu'il a été victime d'une arnaque et qu'en bref, ils n'ont
jamais entendu parler de ce prix. Le patron de cette maison de
disque donne néanmoins à ce pauvre jeune homme l'adresse d'un ami
propriétaire d'un club Bruxellois. Il s'y rend avec beaucoup
d'excitation mais tombe sur un public médusé qui ne partage absolument
pas l'enthousiasme que leur offre Thierry.
Le
vrai départ retentit donc en 1970, quand dans le "jeu de la
chance" présenté par Jacques Martin il chante "le barbier de
Sibérie" devant des millions de téléspectateurs, qui impressionnés
par sa performance, feront exploser le standard de l'émission en vue de
revoir l'artiste. Il sera très vite plébiscité mais aussi adulé
par ces premiers fans qui voient en ce jeune garçon un véritable
chanteur d'opérette. Il aura ainsi pour la première fois de sa
vie, la chance de crever l'écran pendant huit semaines complètes.
Plus aucun doute, Thierry est bourré de talent.
Et
le talent parfois sa paye: A 20 ans, le jeune homme devient déjà
milliardaire et se fait connaître sur tout le territoire français et
belge. Une grande star est née.
Il
participe à de très grands galas dont il est la vedette dès l'âge de
21 ans. Ainsi, Georges Pompidou organise une soirée avec
l'artiste comme plat de résistance. Au menu: les meilleures
imitations de la star qui imite les stars dans des situations des plus
cocasses: Johnny Hallyday, Charles Aznavour, Dalida, Brigitte
Bardot et de nombreux politiques de l'époque qui salueront sa
performance.
Il
inventera ainsi d'année en année de nouvelles idées, telle qu'une
caricature de Mitterand souvent reprise par d'autres imitateurs ou
encore le "bouvardounet" et le "druckerounet".
Philippe
Bouvard lui consacre un très bon article dans le "figaro" et
le mettra en vedette de la plupart de ses émissions radios. Tout
cela se soldera en 1981 par un disque parodiant les "grosses têtes"
dans lequel on peut entendre des imitations de Valéry Giscard d'Estaing
ou encore Jacques Chirac.
En
1973, il est produit par Paul Lederman (producteur par la suite des
inconnus). Il enchaîne les émissions de télévision dont une spéciale
sur lui: "pleins feux". On y découvre une partie de la
vie privée de Le Luron. Ses costumes, ses voitures miniatures et
un appartement luxueusement décoré.
C'est
cette année également qu'apparaîtront ses émissions: D’abord
"Le Luron du dimanche" et ensuite "le petit
rapporteur".
Les
années de succès ne se démentent pas, Thierry peut user de propos de
plus en plus impertinents. Il innove non seulement dans les
imitations mais également dans son audace, dans son humour corrosif
ainsi que dans l'autodérision. Pourtant, il ne se veut pas méchant
et on le retrouve régulièrement à la table de ses propres victimes.
Mais quand il attaque férocement Laurent Fabius premier ministre de
Mitterand, on l'interdit de télévision. Seul Michel
Drucker l'invite et donne l'occasion à Thierry de parodier l'assemblée
dans un titre évocateur: "l'emmerdant c'est la rose".
Des nouvelles réprimandes tomberont sur l'imitateur gonflé.
Ces
petits incidents réglés, Thierry Le Luron sera présent partout:
plateau de télévision en tant qu'invité ou animateur, radio, scènes
de spectacles, réceptions ... Et pourtant la censure frappe sans relâche
générant des micros absences de l'artiste. Mais ses fans sont là,
ils le réclament, ils le veulent, ils ne s'en lassent pas
En
1985, après un excellent début d'année avec le célèbre canular dans
lequel Coluche et Le Luron s’unissent pour le meilleur et le
rire dans un faux mariage, la suite n'en est pas moins fade.
Thierry se fatigue et s'isole quelques semaines à la campagne.
Pourtant, le public lui manque et il remonte rapidement sur scène.
Mais rien n'y fait la maladie est bien présente est pour la première
fois, Thierry multiplie les trous de mémoire en plus d'être atteint de
surdité partielle.
En
1986, alors qu'il avait annoncé de nouveaux spectacles, Son public
apprend avec effroi qu'il est atteint d'un cancer des cordes vocales.
Tout s'enchaîne alors: il annule tous ses engagements professionnels
avant de se retrouver à l'hôpital. Il ne veut plus voir personne
et le 18 novembre à l'âge de 34 ans, Thierry Le Luron succombe de sa
maladie.
Ses
funérailles resteront marquantes pour de nombreuses personnes venues
lui rendre hommage au sein d'une église dans laquelle résonne encore
la chanson "Nous nous reverrons un jour ou l'autre" que
Charles Aznavour lui avait écrite. Pourtant, depuis sa mort, il
marque plus que jamais bon nombre de fans, mais aussi de nombreux
humoristes qui soit s'en inspirent soit lui vouent un profond
respect.
©
Aubonsketch
Quelques phrases:
Dans
son mémoire "haut comme trois pommes" édition
Flammarion.
"
Je n'aime pas les vacances ou le repos, considérant que c'est presque
une perte de temps. Je n'aime pas trop les longs
voyages"
Pour
faire taire les rumeurs d'une maladie début 1986
"
Salut ! le mourrant vous souhaite une bonne nuit.
Excusez-moi, il faut que je m'en aille. Ma tombe ferme à
minuit."
En
parlant de Philippe Bouvard:
"
Il est tellement petit qu'il ne peut pas avoir de demi-frère".
En
imitant Line Renaud:
"
Je remercie les ouvrières qui m'ont aidée à enfiler ma robe et
l'entreprise de maçonnerie qui a créé mon maquillage".
"
C'est aujourd'hui mon anniversaire. Je ne vous dirai pas quel âge
j'ai, mais sachez que les bougies coûtent beaucoup plus cher que le
gâteau".
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