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Jean-Marc Parent

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Cette interview 100 % exclusive est réalisée par Jonathan Godts le 15 Juillet 2001 au St-Malo de Montréal dans le cadre du "festival Juste Pour Rire 2001"

 

Jonathan Godts: La première question concernera les autres humoristes par rapport à vous.  Aussi quel est ou quels sont les humoristes que vous appréciez le plus que ce soit dans la vie (caractère/humanisme) ou sur scène au niveau du talent.

 Jean-Marc Parent: Oh mon dieu !  Partout à travers la planète ?  Bon ici au Québec, il y en a beaucoup.  Il y a Yvon Deschamps que tout le monde au Québec connaît et admire.  Surtout pour tout ce qu'il a accompli; d'autant qu'il n'a pas eu une carrière toujours  facile.  Il était loyal, il avait de l'audace.  Sinon, on a des humoristes ici qui sont très bien, qui ont du caractère et dont on est très fier.  Anthony Kavanagh qui fait un tabac chez vous, Stéphane Rousseau qui commence chez vous.  Tous des gens qui connaissent un gros succès.  Qu'on envie.  On se dit: "Moi aussi je veux le faire".  Mais une belle envie; celle de faire quelque chose.

En France, évidement il y a Coluche à l'époque.  J'adore Pierre Palmade, et je sais que lui m'aime bien aussi.  A chaque fois qu'il vient, il passe toujours me voir; et c'est peut-être une porte que je prendrais.  Je raconte beaucoup de choses similaires à ce que Pierre Palmade peut conter.  C'est-à-dire que j'aime beaucoup décortiquer le quotidien.   Et un peu la mauvaise foi. Un peu une certaine absurdité de l'être humain et je m'y reconnais beaucoup; et lui aussi quand il était venu ici.  Le seul côté que j'ai de différent, c'est qu'à un moment donné, je le souffle.  Je devient plus Rock n' roll avec de la musique forte comme ça.  Pink Floyd et compagnie.  Mais Pierre Palmade, cela fait 10 ans qu'il vient ici et j'ai toujours hâte de l'entendre.  Il me fait penser aux films français.  Et moi je suis maniaque des films français.

 

JG: Si on vous donnait l'opportunité de faire un duo avec un humoriste qui choisiriez –vous ?

JMP: OH !  J'en ai déjà fait ici avec des humoristes très connus.  A part cela, il faudrait vraiment trouver un contexte.  Je suis très solitaire dans ce que je fais.  Mais avec un gars comme Pierre Palmade, ça j'aimerais bien.  Décortiquer quelque chose de très quotidien.

JG: Si je vous demande maintenant de vous décrire en seulement trois mots quels seraient-ils ?

 

JMP: (s'adressant à sa gérante qui venait de nous rejoindre) Trois mots Chantal qui est ma gérante.

Audacieux,...

 

Chantal B.: Machine.  C'est une machine vivante, une machine à idées.

 

JMP: Moi je dirais audacieux sûrement, trop sensible et drôle.  

Je pense que c'est drôle, car je fais effectivement  rire le monde énormément, et c'est ma plus grande valorisation

 

CB:  Intelligent, exceptionnel.

 

JG: Si Jean-Marc Parent n'était pas humoriste, que serait-il actuellement ?

 

JMP: Plein de choses.  Je suis instructeur de ski alpin depuis 20 ans.  C'est le métier que j'ai fait pendant quelques années, que j'adorais.  Je suis photographe.  Ou le milieu artistique : ce que j'adore, c'est réaliser des films.  J'adore le cinéma, ça procure une évasion.  Cela nous fait vivre plusieurs vies.  Je trouve que la vie est malheureusement beaucoup trop courte; et avec le cinéma, j'ai l'impression, l'illusion d'en vivre d'autres

 

JG: Si Jean-Marc Parent est un pseudo, pourquoi avoir choisi celui-ci ?

 

JMP: C'est mon vrai nom.  Impossible de trouver un nom plus ordinaire.  C'est Jean-Marc Parent.  Par contre les initiales sont percutantes: JMP.  Cela sonne comme BMW; il y a quelque chose de percutant dans les lettres.  Autant le nom est ordinaire, autant les initiales ont visuellement un bon look marketing.  Suite à l'émission "l'heure JMP", plusieurs entreprises ont sorti des JMP.

 

JG: Quel a été votre meilleur coup de poker sur votre carrière ?

 

JMP:  D'ailleurs je suis maniaque de cartes.  Je joue au poker chaque semaine.  Et le meilleur coup de poker ça été le forum - Bercy pour chez vous - Une grosse salle à grand déploiement.  Cela n'avait jamais été fait de toute l'histoire du Québec.  Et j'ai été le premier à dire: "je prends une chance".

 

JG:  Au fait on pourrait dire qu'à chaque fois que vous innovez, c'est un gros risque.

 

JMP:  Tout le temps.  Le "web 24" est un énorme risque.  Je peux toujours me briser la face.  Me casser la gueule sérieusement.  Mais je me dis toujours; je peux vraiment me casser la gueule et ça va faire très mal, mais en même temps si ça passe, je ramasse.

 

JG: En vous retournant déjà sur la carrière que vous avez accomplie, avez-vous déjà un regret ?

 

JMP: Je suis beaucoup trop honnête.  Les gens ne sont pas prêt à prendre l'honnêteté.  Les gens veulent entendre ce qu'ils ont le goût d'entendre.  Et c'est ce qu'on devrait faire.  On serait moins jugé; et j'ai beaucoup de difficultés avec ça; je ne mets pas de recul entre ce que je suis sur scène et ce que je suis dans la vie.  Et ça me nuit ici parce que j'ai été trop honnête alors que si on forge une histoire aux gens, ils sont contents et ils la prennent.  La preuve, c'est qu'il y a probablement ces mêmes métiers chez vous; ce sont les faiseurs d'images.  Entre autres pour les politiciens. On sait très bien que cette personne là n'est pas comme ça; on sait pertinemment que des gens sont payés pour faire une image; et on l'accepte quand même.  C'est incroyable, ainsi on sait d'avance qu'on joue dans le jeux. Et de l'autre côté si le type est vrai et honnête, on ne le prend pas.

Donc je regrette d'avoir été trop honnête; j'aurais dû jouer le jeu plus souvent. 

 

JG: Si vous ne deviez délivrer qu'un seul message à l'ensemble de votre public; ce serait lequel ?

 

JMP: De vivre la minute qui passe.  C'est la seule raison de vivre.  Donc n'ayez pas peur d'avoir du plaisir quand ça passe.  Il n'y a aucune loi, aucune religion, il n'y a aucune règle qui mérite qu'on ne vive pas un moment de bonheur.

 

JG: Je vous propose maintenant de fermer les yeux et de vous imaginer dans 20 ans; que voyez-vous ?

 

JMP: Moi, je suis tellement pessimiste face à la longévité de la vie.  C'est ce qui me fait vivre à 200 à l'heure d'ailleurs.  Moi dans ma tête, je ne serais jamais là demain.  Donc, quand tu me dis 20 ans, ce qui me vient en tête, c'est un ciel étoilé sans fin.  Mon Dieu, c'est vraiment une autre vie.  Tant mieux si je m'y rends mais...

 

 

JG:  Votre plus beau rêve.

 

JMP:  C'est de justement réussir à me rendre dans des endroits qui me paraissent impensables.  Comme dans 20 ans avec ma meilleure amie (il désigne Chantal) et mon monde autour de moi, de continuer ce que je fais et de réussir à transmettre à d'autres ce que je fais ici.  Comme aller chez vous.  Elargir aux gens qui ont la même langue que moi.

 

JG: Si je vous propose de vous poser une question à vous-même et de vous répondre que me diriez-vous ?

 

JMP:  Quelle question je me poserais ?  Mon dieu ! 

Vont-ils t'accepter comme invité Jean-Marc ?

Non je pense pas (rire généralisé)

 

JG: La tradition fait que j'achève une  interview en vous demandant quelle serait votre définition de l’humour. 

 

JMP:  C'est la vie point final.  la vie est drôle de A à Z.  C'est comme la photographie; ça dépend juste de quel oeil tu la regardes. C'est très large.

 

JG: Très bonne réponse.  Un grand merci pour vos propos fort intéressants et à bientôt peut-être.

 

JMP: Merci à toi.

 

 

 

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