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C'était
le deuxième bluff de la semaine... Bien sûr, nous avions déjà
entendu différentes critiques sur son nouveau spectacle "pardon
Judas" et avoir vu quelques extraits à droite et à gauche,
mais nous avions quelques préjugés avant d'entrer en salle.
"Quand même parler de la religion, et puis ce titre; il faut être
gonflé". Et ça, pour être gonflé, il l'est. Mais le
pari marche. Mais il faut en avoir du talent pour emmener son
public dans son univers et le faire rire aux messages cachés que
contiennent souvent ses textes si ce ne sont des dénonciations.
Et Dieudonné à ce talent. Il parvient à nous emmener doucement
dans son monde. Apparaissant d'abord sur scène, pour nous faire
une idée de ce qui se passe en coulisse avant le spectacle. On y
voit un humoriste nerveux, malmenant son équipe technique, tentant désespérément
de changer l'eau en vin et proclamant que le peuple québécois vit dans
des igloos.
Un premier personnage est créé. C'est ainsi qu'il rentre sur scène,
se présentant d'emblée comme Judas. Oui, oui, il s'agit bien du
Judas auquel vous pensez. Mais pas celui que vous croyez connaître.
En réalité, Judas a maintenant 4000 ans. A partir de
là, toute l'institution religieuse tombe en pièce. Il arrivera
très vite à nous conter qu'il y a 2000 ans de cela, Jésus n'était
qu'un conteur et que le véritable auteur des phrases cultes n'était
autre que lui. En bref c'était le bras droit de Jésus, qui lui
aurait demandé d'écrire ses textes et de revenir 2000 ans plus tard
pour dévoiler toute la vérité.
Cette fois, c'est bon; le spectacle est lancé... nous entendons encore
quelques phrases types venant des spectateurs comme "il est
fou"... "c'est pas vrai"... "oh non il a osé"...
mais ce sont des phrases d'admirations devant l'audace de l'artiste.
Le respect installé, il nous tient par la main pour nous faire découvrir
les réactions du peuple à sa venue: qu'il s'agisse du père de
famille, du grand-père, d'un Africain sans toit à Paris, du médecin
ou d'un jeune de la cité ...
On finirait par croire à son retour, à ce fameux Judas. C'est
sans compter sur l'astuce de Dieudonné qui mêle au sein de ses
sketches les problèmes techniques que son équipe entretient avec les
bruitages, idée ingénieuse qui nous rappelle que l'homme devant
nous n'est autre que Dieudonné, grand comédien et artiste accompli...
Là aussi coup de chapeau à la qualité de ce spectacle et à la présence
de l'artiste sur scène. on en redemande.
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