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Messieurs,
Mon
épouse et moi-même sommes des lecteurs fidèles, pour ne pas dire des
fans, de "La Libre Belgique", mais permettez-nous d'être
parfois choqués et très déçus à la lecture de certaines
affirmations qui figurent dans votre journal. Ainsi, ce mardi 23 juillet
à 22 H 40, France 2 proposait le film de Patrick Sébastien
"T'aime". A moins que votre critique de cinéma ait une dent
contre l'intéressé, nous ne comprenons pas et ne sommes absolument pas
d'accord avec ses commentaires:
"Patrick
Sébastien se fourvoie dans un récit truffé de bons sentiments jusqu'à
l'abus de pouvoir. Caricaturale, mal jouée, mal filmée et
insupportablement prévisible, cette pâte gluante est également entachée
d'un discours dangereusement simplificateur sur la force de l'amour."
Heureusement,
nous avons décidé de regarder le film car, malgré les critiques que
certains ont déjà proféré à l'adresse de Patrick, nous admirons son
imagination, son humour, ses qualités d'organisateur hors pair et nous
ne l'avions jamais vu au cinéma. En outre, heureusement également,
nous sommes abonnés à "Télépro", hebdomadaire dans lequel
on pouvait lire:
"Patrick
Sébastien passe derrière la caméra et conte, le coeur sur la main,
une histoire d'amour absolu. Pétri de sincérité, le message est broyé
par le simplisme du scénario et le manichéisme des personnages."
S'il
est vrai que le scénario n'est pas compliqué, le film nous a pourtant
ravi et tenu en haleine jusqu'au bout, sans compter que la musique de
fond, due à Patrick Fiori, est superbe. Or, combien de fois ne
tombons-nous pas endormis durant la vision de certains films, surtout
quand le scénario laisse à désirer, est vraiment trop complexe, quand
le nombre de personnages est démesuré ou quand les paroles ne
ressortent pas suffisamment du bruit ou de la musique de fond. Et
pourtant, dans le cas présent, nous revenions du restaurant, où nous
avions fait un bon repas et bien bu! En outre, nous avons été intéressés
et émus par la vision pénible de ce qui peut se passer dans les asiles
psychiatriques, par la belle histoire d'amour, sans parler des vues du
Jura et de Rocamadour. Nous ne comprenons pas non plus votre expression "insupportablement
prévisible", surtout que la fin se termine tristement
et de façon justement tout à fait imprévisible, alors qu'on
s'attendait à voir Marie se mettre au service des malades qui
l'entouraient. D'ailleurs, un autre critique de film, dont le
commentaire intégral figure plus loin, est, comme nous, d'un tout autre
avis, puisqu'il dit textuellement:
"Il
faut également saluer son choix de ne pas avoir choisi la fin attendue
et prévisible".
Comme
ce n'est pas la première fois que nous constatons pareille divergence
d'idée entre vos critiques de cinéma et l'intérêt que nous avons
porté pour un film, nous nous demandons s'ils ne feraient pas mieux
d'adopter des lignes de vue semblables à celles de Télépro, dans
lequel les commentaires reflètent presque toujours nos idées et celles
de la plupart des lecteurs, à lire ceux qu'ils envoient à cette revue
que nous apprécions particulièrement. Je joins également un autre
texte, beaucoup plus subjectif que le vôtre, tiré le site écran noir:
"Autant
l'admettre je n'aime pas du tout les émissions de télévision de
Patrick Sébastien, souvent très démago et populiste. Pourtant, avec
son premier film, il a décidé avec un certain courage de ne pas faire
une comédie populaire de plus, mais un film personnel, un drame rural
parfois touchant, mais hélas souvent très maladroit. Auteur, réalisateur,
acteur, Patrick Sébastien a fait un long métrage sur un sujet qui lui
tenait à coeur, trop peut-être pour éviter des redites. L'énorme
problème du film est certainement dans le personnage d'Hugues, interprété
par Patrick Sébastien lui-même, le médecin rebelle qui conduit une
moto sans casque... Le médecin au grand coeur contre l'autorité
toute-puissante des riches. L'amour contre les médicaments. Simpliste
assurément. Certes, il s'agit d'un conte. Néanmoins, la
lourdeur du propos et surtout la psychologie simpliste des personnages
handicapent fortement le film. Le père riche est forcément mauvais,
l'ancien militaire gardien dans un hôpital psychiatrique est forcément
une brute. Parfois aussi, le film sombre dans le ridicule, le clip de
bonheur sur fond de Patrick Fiori est franchement hors propos, fioriture
inutile alors que justement l'émotion commençait à venir.
Cependant, il convient d'être indulgent, il s'agit après tout d'un
premier film. Par certains plans, la jeune fille qui hurle, la scène du
viol, le plan avec la lune montrent en Patrick Sébastien l'existence
d'un regard de cinéaste. De plus, les acteurs sont assez convaincants,
avec une mention spéciale pour la jeune Marie Denarnaud, qui accomplit,
au fur et à mesure du film, une métamorphose réussie et, pour Annie
Girardot qui, en une scène, démontre son talent de comédienne. Enfin,
alors que les dialogues dramatiques sont souvent trop appuyés, le film
est pourvu de quelques traits d'humour salvateur. Il faut également
saluer son choix de ne pas avoir choisi la fin attendue et prévisible.
Bref, le premier film de Patrick Sébastien est loin d'être parfait.
Cependant, il parvient par instants, grâce à l'interprétation des comédiens,
à créer une certaine émotion."
Une
autre possibilité, pour votre présentation des films dans LLB, serait
de vous contenter d'un bon résumé, comme dans les nombreux sites
Internet de programmes TV, où chacun peut alors très bien juger si
l'histoire est du genre qu'il apprécie. Voici un exemple que nous
recopions du site "resa" , peut-être trop détaillé pour la
place disponible dans un quotidien, mais qui laisse prévoir si le film
plaira ou non, selon les goûts de chacun:
"
Zef, vingt ans, est un garçon simple un simple d'esprit. Il ne
sait dire qu'un mot "T'aime" parce que tout en lui est amour.
Il aime tout le monde. Il est toujours heureux. Il vit avec sa soeur
Sophie, dans une ferme près du village de Martel, dans le Lot. Sophie
tient l'auberge du village, avec Robert, son amant. L'autre enfant du
pays, Paul Gontier, homme d'affaires impitoyable, froid et cassant, vit
à Paris mais possède une somptueuse demeure dans le village qui l'a vu
naître. Il est accompagné de sa seconde épouse, Anne, et de sa fille,
Marie. Marie, 18 ans, est écrasée sous l'autorité paternelle. Sa mère,
Christine, la première épouse de Paul qui habite le village, n'a pas
le droit de l'approcher. Zef est attiré par le sourire triste de Marie.
Et Marie est sensible à la gentillesse de Zef. Le soir venu, Marie s'échappe
du château paternel, pour rendre visite à sa mère Christine. En
chemin, elle rencontre Zef. Ce dernier qui a surpris, un peu plus tôt,
sa sueur Sophie et Robert se livrer à des jeux masochistes, pense bien
faire avec Marie. Zef est interné dans un asile du Lot. Marie, déjà
fragile avant le viol, tombe dans un profond mutisme. Son père la
confie à un institut psychiatrique, dans le Jura. Hugues, médecin aux
méthodes douces et avant-gardistes, est chargé de soigner Marie. Son
credo est: l'amour guérit tout. Il se renseigne sur l'affaire et découvre
que Zef n'a pas voulu mal faire. Il décide de mettre à nouveau face à
face Zef et Marie. La première confrontation est terrible, mais Hugues
ne se décourage pas. Il sait que la guérison de Marie et le salut de
Zef passent par un long réapprentissage de la vie et de l'amour."
En
définitive, en ce qui nous concerne, nous nous rendons compte que,
lorsqu'un film nous plaît comme c'est le cas de "T'aime",
c'est que l'histoire nous plaît, même si elle est, comme vous le prétendez
"caricaturale, mal jouée, mal filmée et
insupportablement prévisible". Quant à P.Sébastien, dont
ce n'était pourtant que le premier film, des scénarios de ce genre,
n'en déplaise à votre responsable, nous en redemandons!
Messieurs,
vos critiques de films sont peut-être professionnellement fondées,
mais comprenez que, pour des profanes qui aiment se voir conter de
belles histoires, ce qui importe est l'histoire elle-même et non les défauts
techniques, que nous n'apercevons souvent pas ou qui nous laissent
indifférents. Nous croyons que beaucoup sont de notre avis, sinon
comment les différentes chaînes TV oseraient-elles repasser régulièrement
des anciens films dans lesquels, pour un professionnel du cinéma, les
erreurs techniques doivent être innombrables et renversantes.
Avec
nos meilleures salutations et nos remerciements pour tout ce que nous
apporte votre journal.
Desmecht
Michel D. - Braine-le-comte Belgique - Juillet 2002
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